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Rédiger une NDA avec l'IA à partir de vos précédents

Pour rédiger une NDA avec l'IA à partir de vos précédents, pseudonymisez d'abord la bibliothèque sur votre ordinateur : parties, signataires, adresses, noms de projets et montants des pénalités deviennent des étiquettes, tandis que les clauses, leur structure et les durées restent lisibles. Demandez ensuite à l'IA d'extraire et de comparer les clauses, puis de bâtir une trame à partir de vos propres formulations. Vous relisez, vous vérifiez, et les vrais noms reviennent sur votre poste.

Publié le · 11 min de lecture

Pourquoi partir de vos précédents plutôt que d'une NDA générique ?

Parce qu'un modèle généraliste rédige une NDA moyenne, alors que votre bibliothèque contient ce qui a déjà été négocié : une définition de l'information confidentielle qui a tenu, des exclusions acceptées par la partie adverse, une durée de survie défendable, une clause pénale calibrée, une formulation de non-sollicitation qui a passé la relecture d'un directeur juridique. Demander à l'IA de travailler à partir de ces textes, c'est obtenir un premier projet dans votre style et à vos conditions, pas dans celui d'un modèle américain.

Le problème est que cette bibliothèque est aussi l'un de vos fonds les plus sensibles. Chaque accord nomme un client, une contrepartie, des signataires et, souvent, l'opération envisagée. Beaucoup stipulent en outre que leur existence et leurs termes sont eux-mêmes confidentiels : les communiquer en clair à un service en ligne peut contrevenir à ces engagements, selon leur rédaction. Et même sans NDA, l'article 1112-2 du Code civil engage la responsabilité de « celui qui utilise ou divulgue sans autorisation une information confidentielle obtenue à l'occasion des négociations ».

Quand utiliser l'IA sur une bibliothèque de NDA ?

Ce que l'IA ne fait pas à votre place : choisir le droit applicable, apprécier un rapport de force, ni garantir qu'une clause est valable. Elle propose ; vous rédigez.

Que faut-il garder ou masquer dans une NDA, et pourquoi ?

Masquez ce qui désigne les parties et l'opération ; gardez ce qui fait la mécanique de l'accord. Le guide du Conseil national des barreaux (avril 2026) recommande, avant d'intégrer des contrats dans un outil d'IA, de pseudonymiser ou d'anonymiser « les parties (noms, adresses, numéros de téléphone) » (p. 20), et met en garde contre l'identification par croisement : « montants, noms de projets donnés en interne, façon de rédiger un contrat ».

Élément de la NDAGarder ou masquer ?Pourquoi, et comment dans AnonymFiles
Dénomination des parties, forme socialeMasquerIdentification directe ; organisations détectées automatiquement
SIREN, RCS, siège socialMasquerUn SIREN suffit à retrouver la société ; adresses détectées, numéros d'identifiant à vérifier à la relecture
Signataires et leurs qualitésMasquer les noms, garder la qualité« Le président » dit le rôle, pas l'identité ; noms détectés automatiquement
Objet et description de l'opérationMasquer les détails« L'acquisition éventuelle de la branche logistique de… » identifie le dossier ; à masquer d'un clic, ou à réduire à « une opération de cession »
Noms de projets, de produits, nom de codeMasquerUn nom de code circule souvent plus que le nom du client ; à masquer d'un clic, la règle vaut pour tout le dossier
Montant de la clause pénaleMasquer, garder le mécanismeUn montant négocié trahit l'opération ; les montants ne sont pas détectés automatiquement, ils se masquent à la main
Durée de l'accord, durée de survieGarder, en général« Deux ans », « cinq ans après la fin des discussions » : indispensables pour comparer, rarement identifiants seuls
Dates de signatureMasquerAvec un secteur, une date situe l'opération ; dates privées détectées automatiquement
Droit applicable, juridiction compétenteGarderNécessaires à l'analyse ; une juridiction très locale se vérifie
Annexes (liste d'informations, data room, personnes autorisées)Exclure, le plus souventCe sont les pages les plus identifiantes, et l'IA n'en a pas besoin pour une trame

Restent les traces du fichier Word : suivi des modifications, commentaires (« le client refuse la clause pénale »), propriétés du document. Dans AnonymFiles, un Word ressort en .docx caviardé à la même mise en page, d'où commentaires, suivi des modifications, images et propriétés sont retirés, avec une copie texte pour l'IA. Le détail des pièges propres au contrat est dans notre checklist pour anonymiser un contrat avant ChatGPT.

Comment rédiger une NDA à partir de vos précédents, pas à pas ?

  1. Choisissez les précédents. Huit à quinze accords représentatifs suffisent souvent : les plus récents, les plus négociés, de chaque famille (mutuelle, unilatérale). Préférez les versions signées et propres aux brouillons annotés.
  2. Ajoutez une fiche de l'opération à venir. Un simple fichier .txt : les parties, leur rôle (divulgatrice, réceptrice), le type d'opération, les points sensibles. Déposée avec les précédents, elle reçoit les mêmes étiquettes : c'est ce qui permettra de remettre les vrais noms dans le projet.
  3. Pseudonymisez le dossier entier. Glissez le dossier dans AnonymFiles : noms, sociétés, adresses, e-mails, téléphones, dates privées et numéros d'identifiant sont remplacés par des étiquettes stables. Votre client, s'il figure dans plusieurs accords, garde partout la même.
  4. Relisez et complétez. Côte à côte avec l'original, masquez d'un clic les montants, les noms de projets et les descriptions d'opération. Renommez les étiquettes utiles, par exemple [ORGANISATION_CLIENTE] et [ORGANISATION_PROSPECT] ; le nom reste entre crochets pour la réinjection.
  5. Validez et exportez pour l'IA. Chaque pièce validée, l'export donne les copies étiquetées et, avec « Copier la consigne IA », les instructions à coller en tête de conversation. La table de correspondance reste sur l'ordinateur.
  6. Travaillez en trois temps avec l'IA : extraction des clauses, trame, puis projet (prompts ci-dessous).
  7. Réinjectez et finalisez dans Word. Collez le projet dans « Réinjecter un résultat » : les étiquettes de la fiche redeviennent les vraies parties, et vous enregistrez le résultat en Word pour la relecture finale. Les montants masqués reviennent tels quels ; ceux que vous voulez proposer se saisissent à la main.

Quels prompts pour extraire les clauses et bâtir la trame ?

À coller après la consigne de l'export. Les étiquettes sont des exemples : reprenez celles de votre dossier.

1. Extraire les clauses

Voici [N] accords de confidentialité pseudonymisés. Pour chacun, extrais dans un tableau : nature (mutuelle ou unilatérale), définition de l'information confidentielle, exclusions, finalité autorisée, personnes autorisées, durée et survie, restitution ou destruction, clause pénale (mécanisme, sans montant), non-sollicitation, droit applicable et juridiction. Cite chaque clause avec son numéro d'article. Écris « absente » si un accord n'en contient pas.

2. Comparer les formulations

Pour chaque type de clause, regroupe les formulations proches, indique combien d'accords utilisent chacune, et classe-les de la plus protectrice à la moins protectrice pour la partie qui divulgue. Recopie les formulations mot pour mot, sans les reformuler.

3. Construire la trame

À partir de ces seules formulations, propose une trame de NDA mutuelle de droit français : pour chaque article, la formulation la plus fréquente, et entre crochets une option plus protectrice tirée d'un autre accord, avec la référence de l'accord d'origine. N'invente aucune clause absente des précédents ; signale les clauses usuelles qui manquent.

4. Le premier projet

À partir de la trame et de la fiche d'opération, rédige un projet de NDA unilatérale où [ORGANISATION_CLIENTE] divulgue des informations à [ORGANISATION_PROSPECT] dans le cadre décrit par la fiche. Garde les étiquettes telles quelles, laisse le montant de la clause pénale sous la forme « montant à fixer », et liste à la fin les choix que tu as faits entre plusieurs options.

Demander des citations « mot pour mot » et l'accord d'origine de chaque option rend le travail vérifiable : vous retrouvez la clause dans le précédent original en quelques secondes.

Que vous donne l'IA, et que faut-il vérifier ?

Un premier projet dans vos formulations, avec une trace des options retenues, et un tableau de vos pratiques de négociation. Avant tout envoi, relisez-le comme un projet de collaborateur ; le guide du CNB demande de « relire, contrôler et valider chaque contenu généré » (p. 28).

Point de contrôleCe qu'il faut regarder
Définition de l'information confidentielleNi trop large pour être opposable, ni trop étroite pour l'opération envisagée
ExclusionsInformation publique, déjà connue, développée indépendamment, communication imposée par la loi : toutes présentes, et bien rédigées
Clause pénaleLe juge peut, « même d'office, modérer ou augmenter la pénalité ainsi convenue si elle est manifestement excessive ou dérisoire » (Code civil, art. 1231-5) : calibrez le montant vous-même
DuréesDurée de l'accord et durée de survie cohérentes entre elles et avec la nature des informations
Notions importéesUne IA mêle volontiers des concepts de common law à un accord de droit français : à retirer ou à adapter
ÉtiquettesChaque partie au bon endroit après la réinjection : une inversion divulgatrice-réceptrice change tout

Quelles règles s'appliquent à l'avocat et au juriste d'entreprise ?

Pour l'avocat

Les NDA rédigées pour vos clients relèvent du secret professionnel, qui couvre « toutes les pièces du dossier » (loi du 31 décembre 1971, art. 66-5) et « le nom des clients » (RIN, art. 2.2). Le guide du CNB interdit de joindre à une requête un fichier qui contient le nom du client (p. 15) et recommande de pseudonymiser ou d'anonymiser systématiquement avant toute utilisation (p. 18).

Réutiliser les précédents d'un client pour un autre pose aussi une question de conflit d'intérêts. Le guide rappelle que l'avocat ne peut accepter un nouveau client si le secret des informations données par un ancien client risque d'être violé (décret n° 2023-552 du 30 juin 2023, art. 7), et qu'il doit s'assurer que les données transmises à l'outil « ne risquent pas d'être réutilisées dans le cadre d'autres dossiers » (p. 30). Une bibliothèque pseudonymisée, débarrassée des opérations et des montants, réduit fortement ce risque : ce que l'IA voit, ce sont des clauses, pas des clients.

Pour le juriste d'entreprise

Les accords de l'entreprise et les informations qu'ils protègent peuvent relever du secret des affaires, qui suppose des « mesures de protection raisonnables » de la part de leur détenteur (Code de commerce, art. L. 151-1) : envoyer la bibliothèque en clair à un service en ligne peut fragiliser cette protection. Les signataires et interlocuteurs nommés sont des personnes physiques : le RGPD impose de limiter leurs données « à ce qui est nécessaire » (art. 5). Enfin, la loi du 23 février 2026 crée une confidentialité des consultations des juristes d'entreprise, sous conditions et à une date fixée par décret ; elle porte sur les consultations, pas sur les contrats. Voir la page juristes d'entreprise et DPO.

Quelles sont les limites de la méthode ?

Sur la mécanique de la pseudonymisation réversible, voir pseudonymiser un document pour l'IA, puis remettre les vrais noms et la table de correspondance.

Que fait AnonymFiles sur une bibliothèque de NDA ?

AnonymFiles, logiciel français d'anonymisation de documents, est une application de bureau bientôt disponible pour Mac (puce Apple) et Windows. Elle traite un dossier entier de Word (.docx), PDF texte ou scannés (OCR local) et fichiers texte, avec la même étiquette pour une même société dans tous les accords. Chaque pièce se relit côte à côte avant l'export ; un Word ressort caviardé à la même mise en page. La table de correspondance est chiffrée (AES-256-GCM) et ne quitte jamais l'ordinateur, et la réinjection des vrais noms se fait sur le poste. L'application n'appelle aucune IA : vous choisissez l'outil et ce que vous lui confiez. Interface en français et en anglais, sans compte ni télémétrie. Prix : 290 € HT par an et par poste, 240 € HT dès 3 postes, essai de 14 jours (tarifs). Autres situations : les cas d'usage.

Questions fréquentes

Peut-on demander à ChatGPT de rédiger une NDA à partir de nos modèles ?

Oui, si les modèles lui parviennent pseudonymisés. Remplacez d'abord sur votre ordinateur les parties, les signataires, les adresses, les noms de projets et les montants par des étiquettes ; gardez les clauses et les durées. L'IA travaille alors sur votre rédaction sans savoir pour qui elle a été écrite.

Faut-il masquer les durées d'une NDA avant de l'envoyer à l'IA ?

En général, non : une durée de deux ou cinq ans est indispensable pour comparer les accords et identifie rarement une opération à elle seule. Masquez-la seulement si, combinée au secteur et à la date, elle rend l'accord reconnaissable.

Et le montant de la clause pénale ?

Masquez-le. Un montant négocié identifie souvent l'opération plus sûrement que le nom des parties, et l'IA n'en a pas besoin pour comparer des mécanismes. Fixez vous-même le montant du nouveau projet : le juge peut modérer une pénalité manifestement excessive (Code civil, art. 1231-5).

Une NDA signée peut-elle interdire de la confier à une IA ?

Selon sa rédaction, oui : beaucoup d'accords rendent confidentiels leur existence et leurs termes, et interdisent leur communication à un tiers. Une copie pseudonymisée, qui ne permet plus de reconnaître les parties ni l'opération, réduit fortement le risque, mais la clause reste la référence : relisez-la.

Comment l'IA connaît-elle les parties de la nouvelle NDA sans recevoir leurs noms ?

Par une fiche d'opération déposée avec les précédents : un fichier texte qui nomme les parties et décrit le contexte. Ses noms reçoivent des étiquettes, l'IA rédige avec ces étiquettes, et la réinjection remet les vrais noms dans le projet, sur votre ordinateur.

Réutiliser les NDA d'un client pour un autre client pose-t-il problème ?

Il faut veiller au secret de l'ancien client et au conflit d'intérêts : le guide du CNB demande de s'assurer que les données transmises à l'outil ne risquent pas d'être réutilisées dans d'autres dossiers. Une bibliothèque pseudonymisée, sans opération ni montant, ne transmet que des clauses.